Story of Berlin : l’exemplaire musée d’histoire

Voilà un musée qui sait captiver son visiteur ! En 23 salles, le musée The story of Berlin administre non pas seulement une leçon d’histoire mais aussi une leçon de comment raconter l’histoire. Exemplaire dans sa présentation et étourdissant dans la quantité de matériaux utilisés pour recréer des décors convaincants, le musée prend l’année 1237 – première mention écrite de Berlin-Cölln – pour point de départ et retracer la riche histoire de Berlin qui se conjugue fort souvent avec celle du pays.

A chaque salle sa thématique et à chaque thématique son propre décor. Les principaux bâtiments de la ville sont reconstitués à l’aide de maquettes, la révolution industrielle est racontée dans un fracas métallique alors que les différentes oppressions – national-socialisme, Guerre froide – connues par les habitants de Berlin vous sont relatées avec les moyens de communication de l’époque. « Notre but est de donner de l’émotion », expose la chargée de communication Rebekka Belan. « Le visiteur est placé au centre de l’histoire afin d’avoir l’impression de revivre les événements. »

« L’histoire se vit aussi avec les mains »

 

Construit en 1999 sans aide étatique – coût total d’environ 9 millions d’euros -, The story of Berlin a d’emblée voulu se démarquer, adoptant une politique d »infotainment », soit un mélange d’informations et de divertissement. « Nous avons fait appel à de nombreux pédagogues pour trouver les moyens susceptibles d’intéresser et de marquer les visiteurs, y compris ceux qui n’ont pas l’habitude de se rendre dans les musées », éclaire Rebekka Belan. Comment aider à retenir l’information ? En multipliant les médias par exemple. Il y a ici à lire – plaquette et écrans -, à voir, à écouter et à toucher – avec quelques belles trouvailles dans ce domaine.  « Cela fait partie de notre philosophie que de penser que l’histoire se vit aussi avec les mains. Tout peut être touché dans le musée », dit-elle, non sans cacher que cette philosophie a un prix. Beaucoup d’objets sont endommagés chaque année. Dernièrement la Volvo de l’ancien président de la RDA Erich Honecker a été sévèrement écorchée par des adolescents. Rien d’une pécadille, puisque cette automobile est l’une des rares pièces originales du musée – « Pas forcément besoin d’originaux ; on peut recréer beaucoup de choses avec de bons artistes », selon Rebekka Belan. Elle admet toutefois que des mesures seront sans doute prises prochainement pour veiller à minimiser les dégâts à l’intérieur des salles d’expositions.

story-of-berlin
Au-delà de celles-ci, le musée propose également à chaque heure pleine la visite de l’abri antiatomique, construit dans les sous-sols du bâtiment au début des années 1970. Plus de 3000 personnes auraient pu y être rassemblées en cas d’attaque nucléaire – on était alors en pleine Guerre froide – mais les guides ne manqueront pas de vous informer que ces locaux seraient rapidement devenus parfaitement invivables, pointant plusieurs faiblesses de construction – une minuscule cuisine et des sanitaires en sous-nombre notamment. Mais comme cet abri antiatomique n’a fort heureusement jamais eu à servir…

Aller au-delà du foyer…

Difficile en tous les cas de ne pas « entrer » dans cette story of Berlin racontée avec faste et inventivité au sein d’un musée qui accueille plus de 220 000 visiteurs par année. Dont de très nombreux écoliers internationaux – le musée propose du matériel pédagogique – et donc des professeurs. « On observe que deux heures de visite suffisent généralement pour les enfants. Par contre, les profs veulent souvent rester plus longtemps. Parfois ils reviennent seuls le lendemain matin », sourit Rebekka Belan. Et attention à ne pas faire comme ce couple qui n’ayant pas dépassé le foyer s’était plaint auprès du musée du prix d’entrée exorbitant payé pour un si petit espace de visite. Il y a énormément à voir mais il vaut mieux en effet pour cela emprunter les escaliers montants qui mènent au musée…

Nicolas Donner

Photos : Monique Wüstenhagen©The story of Berlin

 

Laisser un commentaire