Au salon Christophori

C’est dans un ancien hall de la BVG du côté de Wedding que le salon piano Christophori a ouvert ses portes en 2004. Salle de concert et atelier de restauration de pianos à queue, le salon est l’œuvre de Christoph Schreiber, un passionné de musique qui exerce également le métier de neurologue à Berlin.

Le salon est abrité dans un immense hangar aux briques rouges orangées. Dans le couloir qui mène à la salle de concert, on peut apercevoir les clichés des concerts ayant lieu sur la scène du salon. Les photos sont en noir et blanc et les musiciens, pour la plupart pianistes, viennent d’un peu partout. Étonnante et intrigante, la salle principale est un bric-à-brac, qui respire étrangement l’organisation. Presque 200 chaises dépareillées y sont disposées pour accueillir le public ; les pianos à queue, réparés ou non, sont partout, tandis que les objets servant à la restauration sont massés dans un coin de la salle.

M. Schreiber commence le piano quand il est enfant. Après ses études de médecine, il s’occupe d’un vieux piano à queue, sans avoir au préalable de connaissances en matière de restauration. Puis l’idée fait son chemin. “Quand on observe quelque chose de loin, on ne parvient pas à voir à quel point c’est intéressant. Mais lorsqu’on s’y attèle, on découvre alors plein de petits mondes. Ça a été le cas pour la restauration.” L’idée des concerts suivra. Au départ, ce sont surtout des amis de M. Schreiber qui se produisent au Christophori. Mais aujourd’hui, des musiciens du monde entier foulent le sol du salon. Lorsque nous nous y rendons, c’est Víkingur Ólafsson, un jeune pianiste islandais, qui répète en vue de la soirée.

Environ 170 concerts ont lieu chaque année entre les murs du salon. “Ici tout est simple, l’artiste est proche de son public, on peut vivre le concert, il n’y a pas besoin d’abonnement, pas besoin de prendre de taxi.” Vous y entendrez souvent du piano, mais aussi du violon, du violoncelle, de la clarinette selon les soirées… La réservation se fait en ligne, très facilement. S’il n’y a pas de prix indiqués, c’est parce que le salon fonctionne avec des dons et ne cherche pas à réaliser de profits. Une contribution volontaire vous sera demandée à la fin du concert – sachant qu’il existe une participation minimale. Le site indique qu’une contribution à hauteur du prix d’un billet de concert serait fortement appréciée, pour permettre au salon comme aux artistes de survivre. “Environ 14 euros”, précise M. Schreiber en souriant.

Texte et photos : Camille Baissat

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