Le Centre allemand des biens culturels spoliés

Vignette © Christof Rieken

Ces dernières années, l’affaire de la collection d’œuvres d’art de Cornelius Gurlitt, en partie composée de tableaux volés sous le régime nazi, avait fait grand cas de la spoliation des juifs de leurs biens parfois inestimables. Si le gouvernement fédéral allemand et le collectionneur étaient parvenus à un accord quant à la restitution ou non de ces œuvres, le débat sur le thème est loin d’être achevé. Surtout en Allemagne, où, en vertu des onze principes de la Conférence de Washington de 1998* et de la Déclaration commune de 1999**, l’on s’est engagé, comme dans d’autres pays, à identifier les œuvres dérobées aux juifs pour les restituer aux propriétaires légitimes voire, le cas échéant, à leurs héritiers.

C’est dans cette optique que le Deutsches Zentrum für Kulturgutverluste (Centre allemand des biens culturels spoliés) situé à Magdebourg a officiellement obtenu son statut juridique le 1er janvier 2015. Cette fondation, soutenue à la fois par les communes, les 16 Länder et le Bund, se veut être le premier interlocuteur en Allemagne pour toutes questions relatives aux deux accords énoncés plus haut. Ses missions principales sont de conseiller et de soutenir financièrement les organismes publics chargés de la recherche des œuvres confisquées par les Nazis. Également, le nouveau centre va poursuivre les investigations du Centre de recherche de la provenance des œuvres d’art et biens culturels*** (Provenienzforschung) et concentrer les informations de la banque de données Lost-Art, puisqu’il réunit en réalité le travail de ces deux entités déjà existantes dans ses locaux. Lost-Art.de recense les biens culturels d’art spolié et tente de mettre en relation les détenteurs actuels d’œuvres autrefois volées ou confisquées et leurs ayant droits.

Le travail du Deutsches Zentrum für Kulturgutverluste va-t-il permettre de retrouver les véritables propriétaires des milliers d’œuvres orphelines et de leur restituer leurs biens ? Car pour le moment, sculptures, tableaux et autres pièces volées remplissent les musées (et leurs réserves) ou ornent des bâtiments officiels allemands. Sans compter les nombreuses œuvres ayant constitué le « trésor nazi » qui restent, aujourd’hui encore, introuvables.

Alexia Robin

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