Die Ganze Warheit

Une exposition qui prétend vous dire “Die Ganze Warheit…was Sie schon immer über Juden wissen wollten” (Toute la vérité… tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les juifs) en l’espace de quelques pièces est forcément ironique. Le musée juif nous informe déjà admirablement. Qu’est-ce qu’une exposition avec une appellation aussi générale peut-elle nous apprendre de plus ? On paye donc l’entrée avec méfiance… et une certaine impatience.

Le “Sie”(Vous) de l’exposition marque le ton. Les quelques pièces nous proposent un libre espace d’expression et de réflexion. Un espace qui interroge les tabous, les clichés et l’ignorance qui entourent la religion juive. L’exposition part de la réalité de nos représentations. De ce que l’on s’est toujours demandé, sans jamais oser le dire, par peur de passer pour un inculte ou de blesser. Cette peur est l’objet même de l’exposition. Elle tente de l’alléger par un jeu de questions/réponses. Les réponses prennent la forme d’installations en tous genres.

L’exposition décomplexe. Les questions posées semblent un peu faciles, provocatrices. Mais le mur couvert de post-it des visiteurs le prouve, elles sont assez fidèles à la réalité. Le véritable défi est donc de faire parler ces questions, de comprendre ce qu’elles disent de nous. Ou simplement de les considérer dans leur complexité.

Le visiteur voulait des réponses, il ressort avec plein de questions. Mais tout de même une vision plus globale des problèmes que rencontrent les juifs. Il ne s’agit donc pas d’un cours d’histoire, encore moins de théologie, mais de ce que veut dire être juif aujourd’hui.

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Quelques questions sont liées au dogme. Quand est-on juif? Peut-on arrêter d’être juif? Pas de réponse catégorique, mais une multitude de parcours personnels. La réalité apparait infiniment nuancée.

Certaines questions interrogent directement nos représentations. Qu’est-ce qu’être juif? A quoi reconnait-on un juif? Des objets de la vie quotidienne sont exposés en réponse. Cliché ou réalité? L’important reste de pouvoir en rire, tout du moins en parler.

D’autres questions nous sont directement posées. Peut-on faire des blagues sur les camps de concentration? C’est à nous de décider. Mais l’exposition nous donne un cadre pour le faire.

Puis il y a des questions sans réponse. En écho à la question pourquoi déteste-t-on les juifs? Hollaender Bizet chante l’absurdité des accusations dans “an allem sind die Juden Schuld”.

Cependant, quoi de mieux pour répondre à nos questions qu’un”‘juif en vitrine’”?  Le message est clair, être juif en Allemagne de nos jours, c’est être constamment exposé. C’est ce que ressent Leeor Engländer, le premier à s’assoir sur le banc, derrière la vitre, et à attendre qu’on le questionne. Cette installation choque. Beaucoup de personnes passent devant très rapidement, gênées. B.S-F

– Hutinstallation zur Frage: Woran erkennt man einen Juden? © Jüdisches Museum Berlin, Foto: Linus Lintner
– Blick in die Ausstellung: Die ganze Wahrheit … was Sie schon immer über Juden wissen wollten© Jüdisches Museum Berlin,  Foto: Linus Lintner
– Leeor Engländer in der Vitrine © Jüdisches Museum Berlin, Foto: Linus Lintner

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