Falk Richter à la Schaubühne

Né en 1969 à Hambourg, Falk Richter a su trouver sa place parmi la nouvelle génération de metteurs en scène et dramaturges allemands dont le travail, teinté des échecs de la génération précédente, porte un regard incisif et décalé sur les stigmates d’une société à la dérive. Désillusion politique, toute-puissance de l’économie, développement vertigineux du monde virtuel et de celui des images sont autant de sujets traversant ses textes et ouvrant sur des questionnements existentiels : comment continuer à exister lorsque tout semble s’effondrer autour de nous ?

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Travaillant depuis une vingtaine d’années avec les théâtres du monde entier, présent sur de nombreux festivals notamment à Avignon où il présentera encore cette année son dernier texte Ivresse, il a mis en scène des textes classiques (Shakspeare,Tchekhov), des textes contemporains (Sarah Kane, Martin Crimps), ainsi que ses propres textes. Il gagne le premier prix de l’Akademie der Künste de Berlin avec Nothing Hurt (1999), pièce avec laquelle il participe au Theater Treffen en 2000. Depuis 2006, il est artiste associé à la Schaubühne où Unter Eis (2004), Trust (2009) et Protect me (2010), crées en collaboration avec la chorégraphe danoise Anouk van Dijk, sont intégrées au répertoire.

A partir du 14 juin, sa nouvelle pièce For the Disconnected Child sera présentée à la Schaubühne. Continuant son exploration des diverses formes scéniques, Falk Richter prend pour point de départ le rapport aux autres et les possibilités de tisser des liens dans une société précaire et virtuelle. En travaillant cette problématique au travers du jeu théâtral, de la danse et de la musique, grâce à sa collaboration avec le compositeur islandais Helgi Hrafn Jónsson, ainsi qu’avec le Staatballet de Berlin, il propose de rendre poreuses les frontières d’expressions artistiques en composant une pièce dans laquelle « des compositions scéniques qui s’enchaînent comme les pistes d’un album. » (www.falkrichter.com)

Ce sera également l’occasion de voir ou revoir Unter Eis ainsi que Trust, dans laquelle l’état de crise, se diffusant de la société au corps même des individus, radicalise les mécanismes de relations humaines, économise et virtualise les rapports aux autres, se faisant l’exposition critique de l’individualisation moderne.

Sophie Galibert

– For the Disconnected Child Photo : Amir Fattal
– Nina Wollny, Lea Draeger, Photo: Heiko Schäfer
– André Szymanski, Mark Waschke, Thomas Thieme, Photo: Arno Declair

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