Imran Qureshi à la Deutsche Bank Kunsthalle

Imran Qureshi est le premier artiste à être exposé individuellement à la nouvelle Kunsthalle de la Deutsche Bank. La Deutsche Bank n’est désormais plus la partenaire du Guggenheim Museum. Elle continue en revanche d’élire un “artiste de l’année”. Cette année, il s’agit du pakistanais Imran Qureshi. Ce dernier répond parfaitement aux critères du jury. L’artiste de l’année doit traiter de problèmes contemporains, d’une manière personnelle, et avoir réalisé des installations urbaines. La Deutsche Bank se charge alors de faire connaitre le jeune artiste. C’est pourquoi ce prix est aussi important pour Qureshi, il s’agit bien plus que d’une somme d’argent. Sa renommée internationale est désormais assurée. Le Musée Métropolitain de New York lui a par exemple confié son roof garden. Il peindra à même le sol. Et ce n’est probablement qu’un début.
L’art se globalise, et la Deutsche Bank permet aux jeunes artistes du monde entier de se rencontrer. Chacun à partir de ses propres moyens techniques, essaie d’exprimer autrement ce qu’il ressent. Les œuvres de Qureshi sont ancrées dans l’ici et maintenant. Spécialiste de la miniature, cet art traditionnel lui a ouvert beaucoup de possibilités, mais également posé des limites. Ses règles strictes ne lui permettent pas de dire ce qu’il voudrait. Il décide donc de les transgresser. Les personnages de ses miniatures ne sont désormais plus seulement des humains, ce sont des habits ou des missiles. Pourquoi faudrait-il nécessairement rester dans le figuratif ? Sa série de missiles dans la première salle de l’exposition, fait allusion à l’escalade de la violence entre le Pakistan et l’Inde. Tendrement vêtus de motifs végétaux, les missiles nous regardent, prêts à être photographiés. Il n’y a pas de violence dans les tableaux, de l’inquiétude seulement.

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Le rouge des murs de cette première salle se retrouve au cœur des
tableaux de la 2ème salle. De grands ovales sont accrochés au murs. Des miniatures, il ne reste que les motifs. Des éclaboussures de rouge dessinent des fleurs. Nous voilà au cœur de l’ambiguité de l’œuvre de Qureshi, un subtil équilibre entre la vie menacée et l’espoir.

Ses oeuvres s’étendent organiquement à l’espace qui les entoure, à nous qui les regardons. On contourne doucement la fragile montagne de papiers chiffonnés et rougis de son installation ‘And They Still Seek The Traces Of Blood’, pour arriver dans le labyrinthe moghol. L’intimité des salles et de ce qu’on y découvre nous propulse dans les oeuvres. Dans les miniatures, un homme dessine des motifs sur un sol recouvert de liquide rouge. Le toit de la pièce a été enlevé. Assiste-t-on à un crime ?

Le contenu narratif, souvent plein d’humour des oeuvres de Qureshi rappellent le marionnettiste qu’il fut quand il était plus jeune. Les titres sont également choisis avec attention, ils doivent parler à tout le monde, sans être trop explicites. Qui sort des sentiers battus, s’est nécessairement posé beaucoup de questions. Qureshi a été en contact avec de nombreux artistes pakistanais. Et de tous ces mots sont sortis beaucoup de dessins. B.S.-F.

-Installation Shot: “Imran Qureshi: Artist of the Year 2013” at the Deutsche Bank KunstHalle- Photo: Mathias Schormann © Imran Qureshi and Corvi-Mora 
-Portrait of the Artist- Photo: Hassan Rana © Imran Qureshi
-Gouache und Blattgold auf Waslipapier Diptychon: jeweils 42,3 x 35,3 cm Sammlung Deutsche Bank © Imran Qureshi, Courtesy Corvi-Mora, London

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