Quand Calder rencontre Klee

La série d’expositions “SIDEWAYS” met à l’honneur Picasso, Klee et Matisse, étoiles du Musée Berggruen en les associant à d’autres artistes représentés au travers d’une seule de leurs œuvres : Raoul Dufy (avec une céramique architecturale miniature), Alexander Calder (avec un mobile gracile), et Henri Laurens (avec la statue de bronze d’une femme enceinte).
Depuis octobre 2014, la trilogie rencontre un vif succès. Jusqu’au 7 juin 2015, l’exposition aménagée dans quatre pièces est consacrée à Alexander Calder et Paul Klee après Raoul Dufy et Henri Matisse et avant Henri Laurens et Pablo Picasso à l’été 2015.

D’Alexander Calder…
Un mobile de l’artiste américain Alexander Calder (1898-1976) est le point focal de l’exposition. La sculpture en filigrane “Dancing Stars” semble interagir avec le public lorsqu’elle est balancée par les courants d’air. Un peu d’imagination suffit pour y deviner l’apparence d’un phoque de cirque jouant à l’équilibriste.

Les premiers mobiles de Calder sont nés à Paris, en 1931, où il a passé quelques riches années d’échange et de dialogue avec d’autres artistes en vogue. Sculptures articulées en fil et morceaux de fer, ces engins marquent le début de la longue carrière de Calder. C’est à Paris qu’il fait d’ailleurs la connaissance de Paul Klee, une rencontre dont on dira qu’elle fut déterminante. De nombreux critiques d’art voient dans leurs œuvres une ressemblance formelle.

calor-klee-2… à Paul Klee

Longtemps tenu pour un modeste maître, l’Allemand Paul Klee est aujourd’hui reconnu comme l’un des créateurs les plus originaux et les plus prolifiques du XXe siècle. Né en 1879, il a beau avoir laissé plus de 10 000 œuvres, il ne reste réductible à aucun style : ni surréaliste, ni cubiste, ni abstrait, ni figuratif, mais tout cela à la fois.
Sa peinture est empreinte de sa passion pour les théories sur la couleur, et du voyage en Tunisie qu’il entreprend en 1914 avec deux amis peintres. Là-bas, les portes de Kairouan l’éblouissent et le fascinent. Cette révélation permet à sa peinture de provoquer l’émerveillement avec des moyens simples et poétiques. Véritables histoires, ses toiles sont toujours de petits formats et exigent qu’on se penche sur elles pour déchiffrer les traits fins de son art. Les personnages de Klee, rêches et en forme de fil de fer comme la femme aux hanches balancées et au regard nerveux, ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les mobiles en métaux de Calder.

calor-klee

Amateur de nouvelles expériences techniques, aucune de ses compositions ne se ressemble : aquarelle, encre, craie, fusain et grattage font la diversité de ses tableaux, auxquels il donne des titres qui sont autant de poèmes courts qu’il composait lui-même au dos de la toile. À travers cette exposition, le musée Berggruen nous entraîne dans l’univers fantastique d’un carré de toile de dix centimètres de côté. Un genre d’Alice au Pays des merveilles.

Paul Klee, Erwachende, 1920, Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie, Museum Berggruen / bpk / Jens Ziehe
Vignette :  Paul Klee, Der Bock, 1921, Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie, Museum Berggruen /bpk / Jens Ziehe

Clara Lehmann

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