Le wwoofing : voyager à moindre frais

© Nadja Becker

Le wwoofing c’est une vieille histoire made in London. L’histoire d’une anglaise qui en avait marre de la ville et qui avait besoin de nature. C’est en 1971  qu’elle va commencer à proposer ses services gratuitement aux fermes alentours contre le couvert et le logis. Seule condition : que l’agriculture de la ferme soit biologique. Petit à petit l’aventure gagne en notoriété et les fermiers se passent le mot : le wwoofing est né. Le quoi ?  le Wwoofing : World wide opportunities on organic farms (initialement c’était les week-ends de travail dans des fermes bio). Une aventure (humaine) que l’on vous raconte ici.

Une aventure humaine avant tout

Devenir wwoofer c’est  intégrer une famille dont la vie tourne uniquement autour de la ferme. On se lève (tôt) et on vit au rythme de la production, qu’elle soit animale, céréalière ou agricole. La vie à la ferme est rythmée par les saisons avec ce que cela comporte d’agréable comme de difficile. S’occuper d’agneaux la nuit, comme ce fût mon cas, dans le froid ou sous la pluie peut surprendre en premier lieu, mais les relations humaines que vous nouez avec vos hôtes et leurs animaux vous dépassent. S’intégrer dans un nouveau rythme, dans une autre langue,  peut demander un temps d’adaptation surtout pour les citadins – comme nous à Berlin (bien que la ville offre beaucoup de verdure et garantit un rythme plus cool que dans d’autres métropoles). Renouer avec la nature, les animaux et la vie sans technologie est une expérience unique, saine et bénéfique que nous vous conseillons grandement.

© Nadja Becker

Une exploitation complexe

On ne se rend pas vraiment compte de la complexité et de l’organisation que demande une exploitation. Chaque jour comprend son lot de travail (les flemmards s’abstenir) mais aussi de complications et d’imprévus. Dans la ferme des Becker à Till où j’ai pu me rendre pour une durée de 2 semaines et demi, j’ai découvert ce qu’était un élevage de brebis. Nourrir les animaux, 2 à 3 fois par jour, leur apporter les soins nécessaires au moment dit, s’occuper des naissances et des étables quotidiennement. En deux semaines, nous avons vu arriver 120 agneaux. Parfois des jumeaux, parfois des agneaux qui finissent orphelins quand la mère ne les reconnait pas. Ce fut le cas d’Antonia, petit agneau  adorable que j’ai vu grandir et nourrit au biberon pendant tout mon séjour. Il n’y a pas de week-end et peu de pause dans une étable. On a toujours besoin de vous quelque part. Beaucoup de travaux physiques qui vous remettent les idées à plat.  Côtoyer des animaux pendant 20 jours permet d’arrêter de se prendre pour un être supérieurs (4 pattes oui, 2 pattes non dixit La ferme des animaux de G.Orwell). Ils sont dépendants de vous et vous le deviendrez d’eux aussi.

La vie à la ferme c’est aussi les œufs frais,  les omelettes à la couleur orange feu, celle de l’alimentation saine qu’on reçu les animaux. Une table toujours bien fournie, de bonnes choses locales et cuisinées avec soin. On apprend le respect des autres, de soi, de la nature et de ce qu’elle nous offre. On se reconnecte à la vie. C’est une chance.

La difficulté des agriculteurs

Faire du wwoofing c’est aussi se confronter à la réalité des agriculteurs. Les contraintes financières, leurs soucis et la nécessité de pouvoir subvenir aux besoin du logis. La ferme des Becker fait parti de l’excellent mouvement “Slowfood”  qui a pour principal objectif la sensibilisation des citoyens à l’ecogastronomie et à l’alterconsommation. Fondée en Italie en 1986, ce mouvement à pour but de fédérer les producteurs entre eux afin de créer des réseaux agricoles respectueux de l’environnement.  Pour les petites exploitations comme celle où j’étais (40 hectares tout de même), l’Etat allemand participe aux frais annuels et subventionne l’élevage afin de garantir une santé financière aux Becker. Ils ont réussi à obtenir cette bourse car leurs brebis dites ” blanches à cornes” sont des espèces en voie d’extinction et leur élevage permet à la race originaire de la Nordsee de perdurer et de se reproduire.

Une superbe expérience que je conseille à chacun d’entre vous.

M.F

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