URBAN NATION, le premier musée de Street art

Adeptes de graffiti, pochoirs et autres oeuvres de la rue, ne manquez pas une visite à URBAN NATION, le tout premier musée dédié au street art et c’est à Berlin que ça se passe !

Contradictoire ou conservatoire ?

Quand on pense au street art, on a l’image du tagueur, cagoule sur la tête et bombe à la main, réalisant son oeuvre à la sauvette pour éviter de se faire arrêter par la police. C’est aussi l’idée de messages utopistes ou contestataires, de réflexions anti-système jetées sur les murs en signe de protestation. Et puis on pense à la réalité éphémère de ces oeuvres trop vite abimées ou recouvertes d’un coup de spray. Aussi, le concept de musée bien propre et douillet dédié au street art n’était-il pas un peu en contradiction avec l’idée même du street art que nous nous faisons ?

© Sabine Dobre/URBAN NATION

Pour Yasha Young, directrice d’URBAN NATION, la réponse est évidemment : non ! Pour elle, le street art est un art à part entière qu’il faut protéger et promouvoir. L’objectif de ce musée est d’expliquer l’origine, le contenu et le futur de cet art. Le concept se veut également une « maison » pour le street art, pour préserver ces œuvres des dommages du temps. C’est enfin donner au public la chance d’accéder plus facilement à ces artistes, les attraper un instant et les laisser nous parler d’eux, les sortir de leur anonymat habituel.

Unique, uni, sans limites

Déjà existant depuis 2013, URBAN NATION, était alors un réseau d’artistes de street art, une plateforme invitant les talents internationaux à montrer leurs œuvres dans le tissu urbain de Berlin, transformant les façades en galerie d’art géante et organisant des projets participatifs permettant de lier artistes confirmés et public amateur.

© Sabine Dobre/URBAN NATION

Désormais, c’est au sein d’un musée que le street art peut s’épanouir. Le thème de cette exposition d’ouverture est « Unique. Uni. Sans limites ». Unique, parce que ce musée est le seul en son genre. Uni, car l’idée est de réunir les artistes et le public sous un même toit. Enfin, sans limites car le street art, restera toujours un peu rebelle, libre dans son expression, rejetant les codes d’un quelconque mouvement artistique. Nous noterons ici que le street art est rebaptisé pour l’occasion « art urbain contemporain », peut-être parce que la notion de « rue » n’y est plus vraiment.

Un musée atypique

Pour la directrice d’URBAN NATION, de part sa forte dimension internationale et innovante, Berlin était une évidence pour la création de ce musée. Contrairement à un musée conventionnel, l’architecture et les surfaces extérieures deviendront également des toiles, transformant le bâtiment en une œuvre d’art à part entière. Les éléments de la façade sont amovibles afin de pouvoir conserver les réalisations ou les transmettre. À l’intérieur, les oeuvres sont aussi montées sur toile, à l’exception de quelques unes, comme le portrait directement sculpté dans le mur de l’artiste portugais Vhils.

De nombreuses formes de street art sont représentées : sculpture, graffiti, pochoirs, crochet, pliage, oeuvres figuratives ou abstraites. Des grands noms sont présents comme Banksy, avec son rat gangster ou Shepard Fairey et sa femme révolutionnaire mais aussi des artistes moins connus mais toujours talentueux. Petit « cocorico » pour les nombreux artistes français comme Jef Aérosol, Blek le Rat, Tilt, C215, Miss Van, JR, Seth Globepainter ou encore Mademoiselle Maurice qui avec sa multitude d’origami multicolores avait récemment embelli le Bikini Center.

© Sabine Dobre/URBAN NATION

Enfin, si vous êtes d’humeur créative, allez donc faire un tour aux toilettes, histoire de laisser à la postérité – non, ce n’est pas ce que vous croyez – votre message personnel au feutre noir sur murs blancs.

Le musée se situe au 7 Bülowstrasse à Schöneberg mais l’esprit URBAN NATION c’est aussi, pour garder son identité street art, des oeuvres dans tout le quartier entre les stations de métro de Nollendorfplatz et de Bülowstrasse. Le rêve secret de Yasha Young ? Que cette section de rue devienne une galerie d’art sur un kilomètre, en quelque sorte, une West Side Gallery…

Aude Morin-Veyret

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