Les abeilles de Berlin

Image par katja de Pixabay

Le sujet fait très souvent la une des journaux : les abeilles sont menacées de disparition. Insecticides aux néonicotinoïdes, attaques de Varoa et monocultures intensives font que notre chère butineuse est en péril et si elle venait à disparaître, ce serait plus d’un tiers de notre assiette qui s’envolerait avec elle.

D’un point de vue économique, une récente étude de l’INRA et du CNRS a montré que le travail totalement bénévole de pollinisateur de l’abeille représente 153 milliards par an pour le secteur de l’agriculture. Tout le monde a donc grand intérêt à sauver les abeilles, aussi serait-il temps de s’affoler et de bourdonner autour d’une table pour trouver une solution à l’hécatombe annoncée. 

Des abeilles berlinoises bien logées

Cet état d’alerte a eu pour conséquence une introduction massive de ruches dans les villes et si vous étiez une abeille urbaine, vous adoreriez Berlin.

Avec plus de 438 000 arbres dont 155 000 tilleuls couverts de fleurs au printemps (en moyenne un arbre tous les 12 mètres) et des plantes dans les moindres recoins, la capitale allemande est le paradis sur terre des butineuses.

Ici, tout est fait dans la gestion des espaces verts pour que les demoiselles se sentent bien. Les rues sont bordées d’arbres et de buissons mellifères (source de nectar avec lequel l’abeille fera son miel) plutôt que d’espèces purement ornementales certes jolies mais inutiles.

Ensuite, vous avez dû remarquer que souvent les rues ont un petit air de jungle urbaine, les herbes sauvages s’installent, fleurissent, font des graines avant d’être enfin coupées. Ce qui pourrait s’apparenter à de la négligence est en fait un magnifique moyen de préserver la biodiversité de la ville. Laisser la nature faire ce qu’elle a à faire offre à nos abeilles un potentiel alimentaire extraordinaire , chapeau bas les Berlinois !

Enfin, force est de constater que l’abeille se plaît en zone citadine. En raison d’une grande diversité de fleurs, de nombreux points d’eau, d’une température sensiblement plus élevée que dans les campagnes et surtout de l’absence de pesticides, la ville est un bon refuge pour les abeilles.

abeilles-berlin
© Aude Morin-Veyret

Miel de Berlin

Si l’on constate l’apparition de ruches à Berlin dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la population se reconstruisait sur les cendres du régime nazi, l’apiculteur berlinois d’aujourd’hui est davantage axé sur la prise de conscience écologique.

Ici, il n’est pas uniquement question de produire du miel de ville. Conférences de sensibilisation et cours d’apiculture sont désormais monnaie courante. C’est dans cet esprit qu’en 2008, sur l’initiative d’Annette Müller, a été créé Berliner Honig, un groupement d’apiculteurs locaux ayant pour objectif de multiplier les colonies d’abeilles à Berlin mais aussi d’offrir la possibilité aux citadins de s’informer sur leur travail. Si vous voulez goûter ce miel urbain de commerce équitable, sachez que le Berliner Honig est disponible dans de nombreux magasins de la capitale, vous n’aurez qu’à choisir celui récolté dans votre quartier préféré.

Envie d’en savoir plus ? Vous pouvez aussi vous rapprocher de l’Ökowerk de Berlin à Grunewald, pour récolter toutes sortes d’informations sur l’abeille ou pour participer à des séminaires.

Cocorico ! Depuis le 10 juillet 2015, la France n’est pas en reste puisqu’un rucher a été installé sur les toits du City Kino du Centre Français de Berlin. Le nombre d’abeilles ne cesse d’augmenter et représente actuellement 12 ruches. Une à deux fois par an le Miel du Ciel est récolté et proposé à la vente au City Kino ainsi qu’à la réception de l’Hôtel de FranceVous pouvez soutenir ce projet en parrainant les abeilles.

Alors si d’aventure, lors d’une balade dans un parc ou sur un toit vous apercevez des ruches, ne vous privez pas d’observer discrètement le joli ballet de ces travailleuses émérites, et rappelez-vous qu’aussi petite soit-elle, l’abeille nous est indispensable.

Aude Morin-Veyret

1 Commentaire
Laisser un commentaire