8 mars : Berlin rend hommage à ses femmes

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Depuis le 24 janvier 2019, la ville de Berlin a décrété le 8 mars – Journée internationale des femmes ou des droits des femmes – comme étant un jour férié dans la capitale. Nous en profitons pour rendre hommage à certaines Berlinoises.

Les femmes de Berlin…

Si les motivations du choix du 8 mars pour un nouveau jour férié ne sont pas clairement évoquées par les parties qui en sont à l’origine, certaines femmes de Berlin méritent bien que l’on parle un peu d’elles. Liste non exhaustive…

Les femmes de la Rosenstrasse

Au cours de l’Histoire, de nombreuses Berlinoises se sont comportées avec courage et héroïsme. Avez-vous déjà remarqué le mémorial de la protestation des femmes dans la Rosenstrasse ? Celui-ci commémore le soulèvement en mars 1943 de milliers d’épouses demandant la libération de leurs maris. En effet, quelques jours avant, environ 2000 hommes juifs mariés à des femmes non juives avaient été arrêtés à Berlin pour être déportés. Leurs épouses et filles, au péril de leurs vies, tiendront un siège pacifique pendant une semaine devant les bureaux de l’administration sociale juive de la Rosenstrasse. Au final, les hommes furent libérés et les femmes ne subirent aucune représailles du IIIe Reich.

« Block der Frauen » – a sculpture by Ingeborg Hunzinger that commemorates so called Rosenstraße-Protest © Niki Sublime

Femmes des ruines, les Trümmerfrauen

Plus tard, suite à la capitulation de l’Allemagne nazie, l’Armée rouge entre dans Berlin, apportant avec elle une vague de viols sans précédents, estimés à 100 000. Berlin n’est alors qu’un amas de décombres après avoir subi 363 raids aériens des forces alliées. Les hommes allemands sont souvent morts, mutilés ou emprisonnés. Par conséquent, ce sont elles, les femmes des ruines, les Trümmerfrauen, bien que malmenées par les troupes soviétiques, qui vont littéralement relever les manches. C’est ainsi qu’elles vont débuter le déblaiement de leur ville, à la main. Les gravats seront évacués à la périphérie de Berlin, créant ainsi des collines artificielles. Par exemple, citons celle de Teufelsberg sur laquelle fut construite plus tard une station d’espionnage américaine afin d’écouter les signaux en provenance de la RDA et de l’URSS.

Berlin, Trümmerfrau – 18/4/1952 – Photographer Köhler, Gustav © Das Bundesarchiv

Berlinoise de l’Est

Puis il y eut les femmes de Berlin-Est qui, sous le régime communiste de la RDA, ne bénéficiaient pas des mêmes droits que leurs soeurs de l’Ouest. L’effort commun pour la reconstruction du pays demandé par le régime socialiste offrait aux femmes les mêmes droits au travail que les hommes. Pour cela, elles bénéficiaient d’un accès facilité aux crèches et garderies pour leurs enfants. Si cette période vous intéresse, une visite du DDR Museum s’impose.

À la chute du mur, 91% des femmes de RDA travaillaient. Avec la réunification et l’importation du modèle ouest-allemand, elles connurent un taux de chômage record. Cependant, elles ont su transmettre à leurs filles les valeurs du travail et de l’autonomie que l’on retrouve toujours de nos jours chez de nombreuses jeunes femmes nées dans les anciens quartiers de Berlin-Est.

Origines de la journée internationale des femmes

La première journée des femmes remonte au 28 février 1909 aux États-Unis suite à des mouvements sociaux et féministes dans le milieu ouvrier. L’année suivante, l’Internationale socialiste réunie à Copenhague instaure une Journée internationale des femmes pour promouvoir les droits de celles-ci notamment l’accès au vote et au travail. L’Allemagne célèbrera sa première Journée internationale des femmes le 19 mars 1911.

Ce n’est qu’en 1977 que l’ONU officialisera la Journée internationale des femmes le 8 mars. Elle est chaque année l’occasion de manifestations sur la condition féminine à travers le monde. Elle aura pour thème cette année « L’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable« , pour reconnaitre la contribution des femmes et des filles du monde entier luttant en matière d’adaptation, d’atténuation et de réponse au changement climatique, pour construire un avenir plus durable pour tous.

Aude Morin-Veyret

Affiche pour la Journée de la femme, le 8 mars 1914, réclamant le droit de vote des femmes
Affiche pour la Journée de la femme, le 8 mars 1914, réclamant le droit de vote des femmes © Karl Maria Stadler (1888 – nach 1943) – Domaine Public